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Marketing d’influence pour l’ecommerce, mesurer le retour sur investissement au-delà de la notoriété et des vues

Marketing d’influence pour l’ecommerce, mesurer le retour sur investissement au-delà de la notoriété et des vues

Marketing d’influence pour l’ecommerce, mesurer le retour sur investissement au-delà de la notoriété et des vues

Campagne d’influence “réussie” : le reach explose, les vues aussi, les likes pleuvent. Mais côté boutique, le chiffre d’affaires reste plat. Si cette situation vous parle, c’est que vous mesurez encore votre marketing d’influence comme une campagne d’image… alors que votre enjeu, c’est le business.

Dans l’e-commerce, chaque euro investi doit être tracé. La bonne nouvelle : il est tout à fait possible de mesurer le ROI du marketing d’influence bien au-delà de la notoriété, à condition de structurer sa démarche et de sortir d’une vision purement “brand”.

Pourquoi le marketing d’influence reste (trop) souvent mal mesuré

Selon différentes études sectorielles, plus de 60 % des marques déclarent augmenter leurs budgets d’influence… mais moins de la moitié se disent réellement satisfaites de leur capacité à mesurer l’impact business des campagnes.

Les raisons reviennent systématiquement :

Résultat : les équipes marketing vendent des campagnes “d’image” au CODIR, tandis qu’on leur demande des preuves très concrètes de l’impact sur le panier moyen, la marge ou la fréquence d’achat. Il faut donc remettre du business au cœur de la mesure.

Clarifier vos objectifs : quelle contribution attendue de l’influence ?

Avant de parler tracking et KPI, une question simple : à quel levier du funnel votre campagne doit-elle contribuer en priorité ?

Pour un e-commerçant, le marketing d’influence peut servir plusieurs objectifs distincts :

Chaque objectif implique des indicateurs et un dispositif de mesure différents. Par exemple :

Tant que ces objectifs ne sont pas posés noir sur blanc, impossible de parler de ROI avec sérieux.

Poser un cadre de mesure : de l’influenceur au panier

La première étape opérationnelle consiste à construire un parcours mesurable entre le contenu de l’influenceur et l’acte d’achat. Cela passe par trois briques techniques simples mais indispensables.

1. Des liens traqués systématiquement

Chaque influenceur, chaque contenu, chaque plateforme doit disposer de ses propres URLs taguées (UTM ou équivalent), par exemple :

Objectif : retrouver dans votre outil d’analytics (GA4, Piwik, Adobe, outil interne) la performance de chaque prise de parole.

2. Des codes promo pensés comme un outil de tracking (pas seulement un levier de remise)

Le code promo est souvent le seul pont entre l’influenceur et la boutique. Utilisé intelligemment, il devient un excellent indicateur :

Attention cependant : une partie des ventes générées par l’influence ne passera pas par le code (achat ultérieur, autre device, recherche Google de la marque…). D’où l’importance d’aller plus loin.

3. Un modèle d’attribution adapté à l’influence

Le dernier clic ne suffit pas. L’influence intervient souvent en amont, comme déclencheur de l’intérêt. Quelques options utiles :

L’enjeu n’est pas de trouver le modèle “parfait”, mais un cadre cohérent, documenté, et appliqué systématiquement pour pouvoir comparer les campagnes entre elles.

Les indicateurs clés au-delà des vues et de la notoriété

Une fois le cadre posé, quels indicateurs suivre pour évaluer le ROI de l’influence en e-commerce ? Voici les principaux KPI réellement actionnables.

1. Le coût par visite qualifiée

On parle beaucoup de coût par vue (CPV) ou coût par mille impressions (CPM). Pour un e-commerçant, le sujet est plutôt : combien me coûte une visite vraiment intéressée par mon offre ?

À suivre :

Un influenceur qui génère moins de trafic, mais plus qualifié (meilleur taux de rétention et d’engagement sur le site) peut être beaucoup plus rentable qu’un profil “star” très cher.

2. Le taux de conversion et le panier moyen par influenceur

Grâce aux liens et aux codes traqués, vous pouvez comparer :

Cela permet d’identifier les créateurs de contenu qui “matchent” vraiment avec votre offre, en particulier sur les catégories de produits à forte marge.

3. Le chiffre d’affaires incrémental

La vraie question : qu’auriez-vous réalisé sans la campagne ?

Pour estimer le CA incrémental, plusieurs approches :

Ce n’est pas une science exacte, mais cela permet d’affiner au fil des campagnes et d’identifier des ordres de grandeur utiles pour piloter les budgets.

4. Le coût d’acquisition client (CAC) via l’influence

Pour les marques DTC et les e-commerçants en forte croissance, le CAC est un indicateur central. Il doit être calculé spécifiquement pour le canal influence :

À comparer ensuite avec vos autres leviers : Social Ads, Google Ads, affiliation, SEO… L’influence ne doit pas être évaluée dans l’absolu, mais dans un mix d’acquisition global.

5. La valeur vie client (CLV) des clients issus de l’influence

C’est souvent là que l’influence révèle son potentiel. Les clients arrivés via un créateur de contenu qu’ils suivent et en qui ils ont confiance :

Si vous êtes capable de suivre dans votre CRM l’origine d’acquisition (via un champ “source” renseigné par le tracking), vous pourrez comparer la CLV “influence” à la CLV “paid social”, “SEA”, etc. C’est un argument solide pour justifier des investissements sur le long terme.

6. Les indicateurs de marque… mais qualifiés

Les KPIs de visibilité ne sont pas à jeter, à condition de les regarder sous le bon angle :

Le sujet n’est pas d’opposer “notoriété” et “performance”, mais de relier les signaux de marque aux résultats business.

Exemples concrets : comment lier contenu, tracking et business

Pour rendre ces principes plus tangibles, prenons deux cas fréquents côté e-commerce.

Cas 1 : DNVB beauté – lancement de gamme avec micro-influenceuses

Une marque skincare DTC lance une nouvelle gamme de sérums. Objectif : générer des ventes mais surtout acquérir des clientes à forte valeur (produit récurrent, consommation mensuelle).

Dispositif :

Mesure :

Résultats :

Sans un tracking fin et une vision CLV, la marque serait passée à côté du véritable intérêt de ce levier : créer des clientes fidèles, pas seulement un pic de commandes.

Cas 2 : Retailer mode – opération soldes avec macro-influenceur

Un acteur mode omnicanal souhaite booster son trafic e-commerce pendant les soldes. Il collabore avec un macro-influenceur (1,2 M d’abonnés) sur Instagram.

Dispositif :

Mesure :

Résultats :

Dans ce type de campagne, raisonner uniquement en “ventes traçables” ferait conclure à un échec. En intégrant les signaux indirects (recherches, trafic direct, magasins), le retailer affine sa lecture : l’influenceur a surtout servi de catalyseur pour accélérer une dynamique de soldes déjà existante.

Passer du one shot à une stratégie d’influence pilotée par la data

Mesurer le ROI, ce n’est pas seulement faire un reporting en fin de campagne. L’enjeu est d’installer une boucle d’amélioration continue.

Concrètement :

Plus les datas d’influence sont rapprochées de vos autres leviers, plus il devient facile de prendre des décisions de budget factuelles.

Checklist pratique : être capable de défendre le ROI de vos campagnes d’influence

Pour terminer, un rapide passage en revue des essentiels à vérifier avant votre prochaine collaboration :

Le marketing d’influence ne doit plus être un poste de dépense “intuitif” ou “d’image”, difficile à défendre face à la pression du ROI. Avec un cadre de mesure solide, des outils de tracking propres et une culture data partagée, il devient un levier e-commerce comme les autres : pilotable, optimisable, et comparable à vos investissements paid media.

C’est à cette condition qu’une stratégie d’influence cesse d’être un enchaînement de coups ponctuels pour devenir un véritable moteur de croissance rentable pour votre boutique en ligne.

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