Live shopping, comment réussir un événement de vente en direct du choix des produits au suivi des performances

Live shopping, comment réussir un événement de vente en direct du choix des produits au suivi des performances

Le live shopping est passé du statut de “gadget marketing” à véritable levier business. En Chine, il pèse déjà plus de 10 % du e-commerce, avec des taux de conversion pouvant dépasser 20 % selon McKinsey. En France, les enseignes qui s’y sont mises sérieusement (Sephora, Fnac Darty, Carrefour, Leroy Merlin…) constatent des paniers moyens supérieurs au site et un impact direct sur la notoriété de la marque.

Mais entre une session qui génère un pic de trafic et une opération qui crée vraiment du chiffre d’affaires, la différence se joue dans la préparation. Du choix des produits au suivi des performances, un live réussi se pense comme une opération commerciale complète, pas comme un simple “live Instagram amélioré”.

Décryptage, étape par étape, pour structurer un événement de vente en direct réellement rentable.

Clarifier vos objectifs et vos KPI avant de lancer le live

Un live shopping peut servir plusieurs objectifs : vendre, bien sûr, mais aussi recruter des nouveaux clients, déstocker, lancer une nouvelle gamme, animer la communauté, ou encore équiper vos vendeurs d’un nouvel outil de vente. Vouloir tout faire en même temps est le meilleur moyen de diluer les résultats.

Commencez par définir un objectif principal et 2 à 3 objectifs secondaires, puis associez des KPI précis à chacun.

Quelques exemples de configurations réalistes :

  • Objectif principal : ventes – KPI : chiffre d’affaires généré pendant le live + 48h, nombre de commandes, conversion live vs moyenne site, panier moyen spécifique live.
  • Objectif principal : acquisition – KPI : nombre d’inscrits, part de nouveaux clients, CPM et CPA ramenés au live, taux de replay visionné par des non-clients.
  • Objectif principal : lancement de produit – KPI : nombre d’unités vendues du nouveau produit, taux d’ajout au panier, trafic sur les fiches produits suite au live, part des ventes cross-sell.

Fixez également des seuils de succès : par exemple, “x3 vs conversion habituelle sur la catégorie” ou “au moins 30 % de nouveaux clients parmi les acheteurs du live”. Cela vous évitera de juger votre opération “au feeling” le lendemain.

Bien choisir les produits : le cœur de la promesse commerciale

La plupart des échecs en live shopping viennent d’une erreur de casting produits. Soit l’offre est trop complexe pour être comprise en quelques minutes, soit elle est trop large, soit elle est… tout simplement peu désirée.

Quelques règles qui fonctionnent bien chez les enseignes en avance sur le sujet :

  • Limiter le nombre de produits : 5 à 15 références présentées en profondeur, plutôt que 40 survolées. Leroy Merlin a par exemple constaté qu’un focus sur 8 à 10 produits “héros” dopait la conversion, tout en simplifiant la préparation des stocks.
  • Miser sur des “best-sellers + nouveautés” : combiner des valeurs sûres (pour rassurer) et des nouveautés (pour créer la curiosité). Dans la beauté, Nocibé structure souvent ses lives autour de 2 nouveautés portées par la marque + 3 à 5 best-sellers de son catalogue.
  • Privilégier les produits à démonstration forte : tout ce qui se voit, s’entend ou se teste en direct performe mieux (make-up, électroménager, déco, mode, bricolage, équipements sportifs…). Le live shopping est un format de preuve, pas de catalogue.
  • Préparer des bundles dédiés au live : coffrets, kits découverte, packs “tout compris”… avec un avantage clair par rapport au site (prix, quantité, exclusivité). Cela sert à la fois la conversion et le tracking : ce qui est vendu via ces bundles vient quasi exclusivement du live.

Testez votre sélection avec une question simple : “Pour un client qui ne connaît pas la marque, est-ce que l’offre est compréhensible en moins de 30 secondes ?” Si la réponse est non, simplifiez.

Construire un format et un script orientés conversion

Un live efficace n’est pas une impro. Les équipes qui obtiennent de bons résultats travaillent avec un conducteur précis : déroulé minuté, messages clés, enchaînements produits, moments forts d’interaction et d’urgence.

Quelques repères pour construire votre format :

  • Durée idéale : 30 à 60 minutes selon la complexité de l’offre. Au-delà, l’attention baisse nettement, sauf événement exceptionnel très communautaire.
  • Structure type :
    • 5 min – Introduction : présentation de l’animateur, rappel de la promesse, teasing des offres, explication du fonctionnement du live (chat, codes promo, liens produits).
    • 20 à 40 min – Présentation produits : 3 à 10 “séquences produits” rythmées avec démonstration, bénéfices concrets, réponses aux questions en direct.
    • 5 à 10 min – Focus meilleur deal / nouveauté phare : rappel de l’avantage exclusif au live.
    • 5 min – Récap et call-to-action final : remise en avant des offres, rappel de la durée de validité des promos ou stocks.
  • Un script orienté bénéfices, pas caractéristiques : ne dites pas “ce blender fait 1 200 W” mais “vous passez de 5 minutes à 30 secondes pour vos smoothies du matin, sans grumeaux”.
  • Prévoir des moments Q&A toutes les 5 à 10 minutes pour intégrer les questions du chat dans le déroulé, plutôt que de les traiter en vrac à la fin.

Astuce terrain : les DNVB qui maîtrisent le live shopping réutilisent un maximum de contenu existant (vidéos courtes, preuves avant/après, UGC) qu’elles insèrent dans le live ou dans le replay pour garder un rythme dynamique, tout en limitant la pression sur l’animateur.

Choisir la bonne plateforme et sécuriser la technique

Le choix de la plateforme ne doit pas être guidé par le “waouh” de la démo, mais par vos objectifs, votre stack e-commerce et votre capacité interne à exploiter les données.

Trois grandes options s’offrent à vous :

  • Plateforme intégrée à votre site (Caast, LiveMeUp, Spockee, Skeepers, etc.) :
    • Avantages : trafic sur votre domaine, intégration directe aux fiches produits et au panier, tracking précis, données 1st party, UX maîtrisée.
    • Idéal si : vous avez déjà une base clients solide et une équipe marketing capable de générer l’audience.
  • Réseaux sociaux (Instagram Live, TikTok Live, YouTube Live…) :
    • Avantages : audience potentiellement plus large, algorithmes de recommandation, forte dimension communautaire.
    • Limites : conversion moins fluide vers le site, tracking plus fragmenté, dépendance à la plateforme.
  • Format hybride : live hébergé sur votre site et relayé sur les réseaux, avec renvoi vers une page dédiée (landing live shopping).

Quelle que soit la solution, verrouillez les fondamentaux techniques en amont :

  • Test de la connexion et du setup vidéo (son, lumière, cadrage) dans les conditions réelles.
  • Simulation de charge sur le site si vous attendez un trafic important.
  • Parcours d’achat simplifié : un clic depuis le live vers le produit, voire ajout au panier directement dans le player si votre solution le permet.
  • Plan B en cas de problème technique (redémarrage rapide, bascule sur un autre canal, message d’information en overlay).

Choisir le bon duo animateur(s) / expert(s)

Ce qui fait vendre en live, ce n’est ni la mise en scène parfaite ni la qualité de la caméra, mais la crédibilité de la personne qui parle. Les meilleures performances viennent souvent de duos complémentaires :

  • Un animateur (interne ou influenceur) qui maîtrise le rythme, l’interaction, les transitions.
  • Un expert produit (chef de produit, formateur, vendeur, artisan) capable de rentrer dans le concret et de répondre aux questions pointues.

Quelques options, avec leurs forces et risques :

  • Influenceur externe :
    • Forces : capacité de recrutement d’audience, maîtrise du live, capital confiance de sa communauté.
    • Risques : discours parfois générique, moins de profondeur produit, dépendance à une personne.
  • Vendeu(r/se) magasin ou conseiller client :
    • Forces : légitimité produit, langage client, capacité à lever les vrais freins à l’achat.
    • Risques : nécessite du coaching média, gestion du stress face à la caméra.
  • Fondateur ou dirigeant (très utilisé par les DNVB) :
    • Forces : incarnation forte, storytelling, vision.
    • Risques : temps disponible limité, dépendance forte à une personne pour la répétition du format.

Un travail de préparation est indispensable : répétition, Q&A préparés, objections fréquentes listées à l’avance. Les marques qui industrialisent le live shopping mettent en place un “kit animateur” : pitch par produit, arguments clés, prix, offres, limites de la promo, éléments de langage sur la marque.

Anticiper les stocks, l’offre et la logistique

L’un des pires scénarios : un live qui performe… et des clients frustrés faute de stock ou de livraison fiable. Le live shopping est un format qui exacerbe l’instantanéité ; les problèmes logistiques sont d’autant plus visibles.

Quelques bonnes pratiques pour sécuriser la promesse :

  • Bloquer un stock dédié live pour les références mises en avant, avec un seuil d’alerte si le stock descend trop vite pendant l’événement.
  • Définir clairement les délais et modes de livraison pendant le live (standard, express, click & collect) et les mentionner dans le script.
  • Créer des offres lisibles : réduction simple (ex : -20 % pendant 48h), frais de port offerts au-dessus d’un seuil, cadeau dès x € d’achat, pack promotionnel… mais évitez la multiplication de conditions compliquées.
  • Prévoir la montée en charge en entrepôt si le live est fort en promotion : renfort en préparation de commandes, créneaux spécifiques, suivi des retards éventuels.

Certaines enseignes vont plus loin en combinant live shopping et omnichannel : possibilité de retirer en magasin les produits du live, ou de réserver en magasin à partir du live pour générer du trafic en point de vente.

Travailler l’acquisition : un live sans audience ne vend pas

Un live shopping sans plan media, c’est comme une opération portes ouvertes sans communication : l’échec est presque garanti. Les acteurs qui performent consacrent un budget et du temps à la génération d’audience, souvent supérieur au coût technique du live.

Construisez un plan en trois temps :

  • Teasing (J-7 à J-1) :
    • Emailing dédié à votre base (clients + prospects) avec la promesse claire, date, heure, lien d’inscription.
    • Bannières sur le site (homepage, page catégorie, mini-bannière sur panier) renvoyant vers une landing “live shopping”.
    • Posts organiques sur vos réseaux + stories, éventuellement avec l’animateur ou l’influenceur.
    • Campagnes paid ciblées sur vos audiences chaudes (visiteurs récents, abandonnistes, clients inactifs).
  • Activation le jour J :
    • Rappel par email et/ou SMS une à deux heures avant le live.
    • Push notification si vous avez une app.
    • Stories et posts “on air” dès le lancement.
  • Relance post-live :
    • Envoi du replay aux inscrits qui n’ont pas assisté en direct.
    • Relance ciblée sur les produits consultés mais non achetés, via email ou retargeting.

Un indicateur intéressant à suivre : le coût par viewer qualifié (nombre de spectateurs ayant passé au moins X minutes sur le live / budget media). Cela vous permettra de comparer vos lives aux autres actions d’acquisition.

Pendant le live : activer tous les leviers de conversion

Une fois l’audience présente, l’enjeu est de transformer un maximum de spectateurs en acheteurs. Là aussi, quelques mécaniques font la différence.

Les leviers qui reviennent le plus souvent chez les e-commerçants :

  • Offre limitée dans le temps : remise valable uniquement pendant le live + courte fenêtre (ex : 24 à 48h). Certaines marques ajoutent un avantage supplémentaire pour les achats effectués pendant le live (cadeau, cumul de points plus élevé…).
  • Affichage clair du prix : prix barré, prix du live, économie réalisée. Évitez de forcer le client à faire le calcul mental.
  • Social proof en direct : mention des produits les plus ajoutés au panier, mise en avant d’avis clients, questions fréquentes posées par le chat.
  • Interactions régulières : sondages rapides, questions ciblées (“plutôt tel usage ou tel usage ?”), tirages au sort avec condition d’inscription ou d’ajout au panier.
  • Guidage du parcours : l’animateur rappelle régulièrement comment acheter (“les produits sont juste sous la vidéo / dans la description / via le lien dans le chat…”).

Une bonne pratique des live performers : avoir une personne dédiée à la modération (réponses dans le chat, remontée des questions à l’animateur, filtrage des messages parasites) pour que l’animateur reste concentré sur le discours et la vente.

Après le live : capitaliser sur le replay et analyser les performances

Le live ne s’arrête pas… au live. Dans de nombreux cas, 50 % à 70 % du chiffre d’affaires généré par une opération de live shopping provient du replay (visionné dans les 48 à 72h).

Pour maximiser l’effet “longue traîne” :

  • Intégrez le replay sur une page dédiée du site, avec les produits à proximité immédiate.
  • Découpez le live en chapitres (par produit ou par thématique) pour permettre un visionnage “à la carte”.
  • Réutilisez des extraits courts pour vos réseaux sociaux, vos fiches produits, vos campagnes email.
  • Maintenez certaines offres du live pour le replay (même si l’avantage est un peu moins fort que pendant le direct).

Sur le plan analytique, allez au-delà du simple nombre de vues.

Quelques KPI à suivre pour piloter vos prochains lives :

  • Audience : nombre de spectateurs uniques, durée moyenne de visionnage, pic d’audience, part de nouveaux visiteurs.
  • Business : chiffre d’affaires généré pendant le live + dans les 48/72h, nombre de commandes, taux de conversion des viewers vs moyenne site, panier moyen spécifique.
  • Engagement : nombre de messages dans le chat, participation aux sondages, taux de clic sur les liens produits.
  • Qualité de l’audience : part de nouveaux clients, taux de réachat à 30 jours pour les clients acquis via le live.

Les enseignes qui industrialisent le format mettent en place un debrief systématique avec marketing, e-commerce, produit et logistique : ce qui a fonctionné, ce qui a bloqué, les questions récurrentes, les points de friction sur le parcours d’achat. Chaque live devient alors un laboratoire d’insights clients pour améliorer l’ensemble de l’expérience.

Checklist opérationnelle pour réussir votre prochain live shopping

Pour passer de la théorie à l’action, voici une checklist synthétique à adapter à votre organisation.

  • Objectifs & KPI
    • Objectif principal défini (ventes, acquisition, lancement…).
    • KPI chiffrés fixés avec seuils de succès.
    • Moyens de tracking vérifiés (tags, events, UTM, tableau de bord).
  • Offre & produits
    • Sélection courte de produits (5 à 15 références max).
    • Bundles / offres exclusives au live définis.
    • Argumentaires orientés bénéfices clients rédigés.
  • Format & équipe
    • Conducteur du live préparé et minuté.
    • Animateur + expert produit identifiés et briefés.
    • Modérateur chat désigné.
  • Technique & logistique
    • Plateforme choisie et test complet réalisé (son, image, parcours d’achat).
    • Stocks dédiés au live réservés et monitorés.
    • Capacité logistique ajustée si besoin.
  • Audience & promotion
    • Plan de teasing multi-canal (email, site, réseaux, paid) planifié.
    • Rappels jour J prêts (email, SMS, push).
    • Plan de relance post-live défini (replay, offres, retargeting).
  • Suivi & réutilisation
    • Dashboard de performance paramétré.
    • Moments forts identifiés pour création d’extraits.
    • Debrief inter-équipes planifié dans les 72h.

Abordé comme un véritable dispositif e-commerce – et non comme une simple animation de marque – le live shopping peut devenir un pilier de votre stratégie : un canal de vente, un outil d’étude client en temps réel et un générateur de contenus réutilisables sur l’ensemble de votre tunnel de conversion.

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