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Les nouveaux leviers d’acquisition en marketing digital face à la fin progressive des cookies tiers pour soutenir une croissance rentable

Les nouveaux leviers d’acquisition en marketing digital face à la fin progressive des cookies tiers pour soutenir une croissance rentable

Les nouveaux leviers d’acquisition en marketing digital face à la fin progressive des cookies tiers pour soutenir une croissance rentable

La disparition programmée des cookies tiers n’est plus un scénario théorique : Chrome a commencé à les restreindre, Safari et Firefox les bloquent déjà par défaut, et la pression réglementaire (RGPD, ePrivacy, DMA) ne va pas s’alléger. Pour les e-commerçants, c’est un changement de paradigme : le retargeting massif et les lookalikes ultra-fine-tunés ne suffiront plus à soutenir la croissance. La vraie question devient donc : comment continuer à acquérir de nouveaux clients, tout en préservant – voire en améliorant – la rentabilité ?

Bonne nouvelle : les alternatives existent, mais elles exigent une réorganisation en profondeur de votre marketing digital, de vos données et de vos outils de mesure. Tour d’horizon des nouveaux leviers d’acquisition, et surtout, de la manière de les activer concrètement.

Fin des cookies tiers : ce qui change vraiment pour l’acquisition

Les cookies tiers permettaient, en simplifiant :

Avec leur disparition :

Une étude de McKinsey estime que certains annonceurs pourraient perdre jusqu’à 20 % de performance média sans adaptation de leur stack data et de leurs stratégies d’acquisition. Mais le vrai risque, pour un e-commerçant, n’est pas de “perdre du trafic” : c’est de continuer à investir sur des leviers qui ne sont plus mesurés correctement, et donc de dégrader la rentabilité sans s’en apercevoir.

À retenir : L’enjeu n’est pas seulement de “remplacer les cookies” mais de revoir la façon dont vous collectez, activez et mesurez la donnée au service de l’acquisition.

Mettre la first-party data au cœur de votre stratégie d’acquisition

Dans un monde sans cookies tiers, la ressource stratégique devient votre first-party data : toutes les données collectées directement via vos canaux (site, app, email, magasin, SAV…). C’est elle qui va alimenter vos campagnes payantes, votre personnalisation onsite, vos scénarios CRM, vos audiences similaires, etc.

Trois chantiers prioritaires :

Un retailer mode qui transforme 3 % de ses visiteurs en clients mais 8–10 % en leads qualifiés (newsletter + préférences + taille + marques préférées) crée un actif stratégique : une base exploitable pour ses campagnes Google, Meta, TikTok, mais aussi pour ses scénarios CRM (welcome series, cross-sell, réactivation).

À retenir : Plus vos données first-party sont riches et structurées, plus vos campagnes payantes seront performantes, même sans cookies tiers, grâce aux API serveur et à l’upload d’audiences.

Contextual advertising nouvelle génération : acheter des signaux plutôt que des individus

Le ciblage contextuel n’a plus rien à voir avec les “bannières sur des sites médias vaguement liés à votre secteur” des années 2000. Les nouvelles solutions s’appuient sur :

Cas pratique : un e-commerçant spécialisé dans le petit électroménager ne cible plus “les 25–45 ans CSP+ intéressés par la cuisine”, mais les pages qui contiennent des requêtes comme “meilleur robot pâtissier pour débutant”, “comment choisir un blender pour smoothies”. Le message devient ultra-pertinent, sans nécessairement identifier l’utilisateur.

À retenir : Le contextuel ne remplace pas tout, mais devient un pilier pour toucher des audiences en haut et milieu de funnel, avec un ciblage fin basé sur l’intention, pas sur l’historique de navigation.

Retail media et marketplaces : transformer les plateformes en moteurs d’acquisition

Le retail media, c’est la publicité achetée directement sur les plateformes de vente (Amazon Ads, Criteo Retail Media, régies des grandes enseignes, plateformes marketplaces sectorielles…). En 2023, le retail media a dépassé la barre des 120 milliards de dollars d’investissement dans le monde, et continue de croître plus vite que le search.

Pourquoi c’est un levier clé “post-cookie” ?

Pour un e-commerçant, le retail media joue à deux niveaux :

De nombreuses DNVB (cosmétiques, petfood, sport) utilisent cette approche hybride : acquisition de volume sur les marketplaces, puis migration du client vers leurs canaux propres où la marge et la maîtrise de la data sont supérieures.

À retenir : Le retail media est l’un des rares leviers publicitaires qui gagne en puissance à mesure que le cookie tiers disparaît, car il repose sur des données transactionnelles propriétaires.

API de conversion, server-side tracking et nouveaux signaux pour Meta & Google

Meta, Google, TikTok ou Pinterest ne s’appuient plus uniquement sur les pixels déposés dans le navigateur. Ils encouragent la mise en place de :

Un pure player qui migre son tracking Facebook/Instagram vers la CAPI observe généralement :

À retenir : Avant de chercher de “nouveaux” leviers, il est impératif d’optimiser la façon dont vous alimentez les plateformes existantes en signaux de qualité (server-side, CAPI, audiences clients).

SEO, contenu et “découverte” : recréer un haut de funnel rentable

Dans un contexte où le reciblage perd en efficacité, tout ce qui nourrit le haut de funnel revient sur le devant de la scène… à condition d’être piloté avec des indicateurs business, pas uniquement des volumes de trafic.

Trois axes particulièrement efficaces :

Un site de mobilier qui crée un “studio de contenu” autour de la décoration (avant/après, conseils d’agencement, listes shopping) peut générer un trafic organique et social massif, mais l’enjeu est de structurer les ponts vers la conversion :

À retenir : Le contenu ne vaut que s’il est connecté à votre stack data (captation d’email, scoring de leads, retargeting basé sur les pages consultées) et à vos indicateurs business (taux de nouveaux clients, panier moyen, réachat).

Influence, créateurs et affiliation 2.0 : acheter la confiance plutôt que la portée brute

Les campagnes d’influence basées sur le “reach” seul montrent leurs limites. Ce qui fonctionne de mieux en mieux pour l’acquisition rentable :

Chez certains marchands, les contenus créateurs transformés en ads (“spark ads” sur TikTok, “partnership ads” sur Meta) surperforment de 20 à 50 % les créations de marque classiques, notamment sur les audiences froides.

À retenir : L’influence devient un levier d’acquisition scalable quand elle est intégrée à votre logique data (tracking, codes uniques, landing dédiées) et traitée comme un canal performance, pas uniquement image.

Data clean rooms & partenariats : mutualiser la donnée sans la partager brute

Les data clean rooms permettent à plusieurs acteurs (marques, retailers, médias) de croiser leurs données de manière agrégée et anonymisée, pour créer des audiences ou mesurer l’impact des campagnes, sans exposer leurs fichiers clients bruts.

Exemples d’usages pour un e-commerçant :

C’est encore un terrain de jeu surtout exploité par les gros annonceurs, mais des solutions plus accessibles émergent, portées par des régies retail et des plateformes médias.

À retenir : Les partenariats data structurés (via clean rooms) offrent un avantage compétitif fort, en particulier dans les secteurs où la donnée transactionnelle est fragmentée entre plusieurs acteurs.

Mesurer la rentabilité dans un monde moins traçable

Sans cookies tiers, les funnels “last click ROAS” deviennent trompeurs. Certains leviers essentiels (haut de funnel, branding, influence) seront mécaniquement sous-valorisés. Pour garder une croissance rentable, vous devez diversifier vos approches de mesure.

Quelques pistes opérationnelles :

Un e-commerçant qui suit uniquement son ROAS quotidien sur Google Ads peut couper des campagnes haut de funnel pourtant essentielles à l’alimentation du trafic de marque et du retargeting. En revanche, en regardant la LTV à 6 ou 12 mois par source d’acquisition, il peut accepter un CAC plus élevé sur certains canaux (SEO, influence, contenu) si ces clients sont plus fidèles et plus rentables dans le temps.

À retenir : La rentabilité ne se joue plus au niveau de chaque campagne isolée, mais à l’échelle du portefeuille de canaux et de la valeur générée par les clients dans la durée.

Checklist actionnable : préparer votre acquisition “post-cookie” dans les 6 prochains mois

Pour passer de la théorie à l’action, une feuille de route synthétique :

Les nouveaux leviers d’acquisition ne sont pas nécessairement “révolutionnaires” : ils exigent surtout de remettre la donnée propriétaire, la qualité du tracking et la logique business au centre de votre dispositif. Ceux qui feront ce travail dès maintenant transformeront la fin des cookies tiers en avantage concurrentiel durable, plutôt qu’en frein à leur croissance.

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